dimanche 28 juin 2026

Dites-moi...

 

... Quel effet cela vous fait-il de voir des photos de roses abîmées, 
tachées ou fanées sur les réseaux sociaux ou sur un blog ?
Appréciez-vous de voir l'évolution d'une rose depuis son ouverture jusqu'à son flétrissement complet ?Cela peut-il influencer un futur achat ?


Je vois souvent passer sur Facebook des photos de roses qui sont très loin d'être sous leur meilleur jour. Et je dois reconnaître que cela me choque toujours.

Parce que, lorsque je photographie une rose, j'ai envie de montrer du beau. Tout simplement.

Et aussi parce que je trouve cela peu respectueux pour la plante concernée. Oui, je sais, certains vont lever les yeux au ciel en lisant cela. Mais n'oublions pas que les plantes sont des êtres vivants. Je compare souvent cela à ces photos de personnes prises à leur insu lors d'une fête ou d'un événement, au moment précis où elles grimacent, clignent des yeux ou ont simplement l'air épuisé. Puis la photo est publiée sur les réseaux.

Vous l'accepteriez, vous ?

Je me souviens avoir demandé, il y a longtemps, à certaines blogueuses de retirer des photos de moi prises lors de fêtes des plantes. Certaines l'ont fait sans problème. D'autres l'ont beaucoup moins bien pris. Pourtant, il ne s'agissait même pas de droit à l'image mais simplement de respect et de bon sens.

Pour revenir aux roses, une petite imperfection ne me dérange absolument pas. Une fleur légèrement marquée par la pluie, pourquoi pas. Mais les pétales couverts de pourriture, les fleurs brunies, décomposées ou à moitié fanées, non.

Et c'est généralement à ce moment-là qu'on me répond :

Oui mais c'est important de voir la rose dans tous ses états.

Eh bien, pas pour moi.

Une rose fanée, je fais comme Philippe (coucou !) : je coupe. D'abord parce que ce n'est plus joli, ensuite parce que cela favorise la remontée. Je ne vois donc aucun intérêt à accumuler des photos de fleurs en fin de parcours alors que leur rôle au jardin est terminé.

Une fois, j'ai même eu le sentiment qu'il y avait une intention franchement malveillante derrière certaines publications. Une blogueuse avait montré des roses de Warren dans un état digne d'un épisode de Creepshow. À croire qu'elle avait cherché les fleurs les plus sinistrées du jardin avant de sortir son appareil.


 
Voir de telles photos de Streamliner et de Daniel mon Ami
me rend dingue et je pense que c'était le but !

Mais il y a pire (sur le même blog) :


Là, on peut carrément parler de campagne de dénigrement.
T'inquiète, cocotte, le karma se chargera de toi !

Le même rosier à La Glanerie :

 


Et puisque nous parlons de photos...

Je ne parle même pas de celles prises en quatrième vitesse avec un appareil censé servir avant tout à téléphoner.

Là, nous sommes face à deux catégories de personnes.

La première ne voit absolument aucune différence entre une photo vaguement correcte prise avec un smartphone et une photographie soignée réalisée avec un véritable appareil photo. Pour celles-là, la cause est entendue. Il est inutile de leur parler de lumière, de profondeur, de cadrage ou de ce que j'appelle "cultiver la beauté". Nous ne vivons tout simplement pas sur la même planète.


 Le smartphone a démocratisé la photographie de jardin.
Pour le meilleur... et parfois pour le pire.


La seconde catégorie est constituée de ceux qui veulent un appareil unique capable de tout faire : téléphone, ordinateur, appareil photo...




Sur le papier, pourquoi pas.

Dans la réalité, à part pour téléphoner, chacun de ces usages est réalisé moins bien que par un appareil conçu spécifiquement pour cela. On me répond souvent que le smartphone coûte moins cher. C'est vrai... à condition de ne pas choisir un modèle haut de gamme dont le prix dépasse parfois celui d'un très bon appareil photo.

Une amie m'a aussi expliqué qu'un smartphone tient dans une poche et qu'on n'emporte pas son appareil photo partout.

Moi si. 😄




Et vous ?

Les photos de roses fanées, tachées ou franchement disgracieuses vous dérangent-elles ? Ou estimez-vous au contraire qu'il faut tout montrer, même ce qui est laid ?

Et tant qu'on y est : la qualité photographique d'une image compte-t-elle encore pour vous, ou considérez-vous qu'un cliché pris à la va-vite avec un smartphone suffit largement ?

Je vais peut-être paraître affreusement superficielle mais lorsque je visite un blog de jardin, je n'y vais pas pour voir du laid.

J'en vois déjà suffisamment chez moi après trois jours de pluie, une semaine de canicule ou un coup de vent un peu trop enthousiaste.

Quand une rose est couverte de taches, quand ses pétales brunissent ou quand elle ressemble à une vieille serpillière oubliée au soleil, je n'ai pas besoin d'une photo pour savoir que cela existe. Je le constate chaque année dans mes propres massifs.

Je ne vais pas dans un jardin pour lire des phrases "philosophiques". Je ne m'extasie pas devant les feuilles rongées par les limaces. Je ne m'arrête pas en admiration devant un rosier atteint de marsonia.

Je vais dans un jardin pour chercher l'émotion, l'harmonie, la beauté.

C'est d'ailleurs pour cela que nous passons des heures à choisir les bonnes associations, à désherber, à tailler, à déplacer une plante de cinquante centimètres parce qu'elle serait mieux un peu plus à gauche. Si le but était simplement de montrer la réalité brute, nous pourrions tous photographier notre tas de compost et en rester là.

Quand je publie une photo, je fais un choix. Je sélectionne un instant où la rose est belle. Pas parce que je veux tromper qui que ce soit, mais parce que c'est précisément ce moment-là qui mérite d'être célébré.

Personne n'achète une rose pour admirer ses fleurs fanées.

On me dit parfois :

« Oui mais il faut montrer la réalité. »

Comme si montrer une belle rose revenait forcément à mentir.

Pourtant, lorsqu'un photographe immortalise un coucher de soleil exceptionnel, personne ne lui reproche de ne pas avoir attendu le lendemain sous la pluie pour montrer "la réalité".

Lorsqu'un amateur de cuisine publie une photo de son gâteau parfaitement réussi, personne ne lui demande où sont les ratés des trois tentatives précédentes.

Pourquoi cette étrange obsession apparaît-elle dès qu'il s'agit des plantes ?

Une rose magnifique est tout autant la réalité qu'une rose fanée.

La différence, c'est simplement que l'une procure du plaisir à regarder et l'autre beaucoup moins.

Je me demande parfois si certains jardiniers aiment encore les fleurs ou s'ils aiment surtout traquer leurs défauts.

À force de vouloir absolument montrer la moindre tache, le moindre pétale brûlé ou la moindre fleur défraîchie, on finit par oublier pourquoi on a planté des roses au départ.

Pour leur beauté.

Du moins, je l'espère.


Quand je photographie, j'ai toujours en poche
un sécateur ou une épinette pour enlever les fleurs fanées.
(L'Ange de Lesdain)