dimanche 14 juin 2026

Dites-moi...

 

... si vous repartiez d'une page blanche, comment aménageriez-vous votre jardin ?




La semaine passée, Dominique écrivait ceci :

La pension se profile tout doucement à l'horizon. Mon travail est à quelques minutes de la maison. Peut être qu après le travail, je réfléchirais à partir.

Qui a déménagé et recommencé un nouveau jardin ?


Aujourd'hui, je vous propose de lui répondre, de partager nos expériences et peut-être de lui donner quelques pistes de réflexion.

Je n'ai pas déménagé depuis 1993 et, honnêtement, ce n'est pas dans mes projets, même si Bruno râle parfois lorsque notre vieille fermette réclame de nouveaux travaux et qu'il se verrait volontiers dans un appartement plus facile à entretenir.

Pourtant, en 2017, j'ai eu l'impression de repartir presque de zéro avec la création de la Roseraie. Certes, j'ai dû composer avec un lieu existant et une structure déjà en place, mais les transformations ont été importantes. Nous avons supprimé les nombreux bambous, quelques petits rosiers sans grand intérêt, des arbustes devenus trop encombrants, un bouleau qui faisait beaucoup d'ombre, un grand Parrotia, des euphorbes 'Graffiti' très traçantes, des hémérocalles banales...




Afin d'offrir aux rosiers un maximum de soleil, j'ai volontairement limité l'introduction de nouveaux arbustes.

L'un des critères essentiels fut l'harmonie des couleurs. Comme dans mon jardin, j'ai regroupé les roses jaunes. Pendant longtemps, beaucoup m'ont cataloguée dans les « couleurs pastel ». Pourtant, j'aime aussi énormément l'orange; tout est une question d'association. C'est ainsi qu'est né le coin Bollywood du jardin médiéval.






Pour réussir ces mariages de couleurs, les chambres de verdure sont d'ailleurs très utiles. Elles permettent de cloisonner les ambiances et d'éviter qu'un ensemble ne paraisse discordant lorsqu'on embrasse le jardin du regard.

Mais cela n'est pas toujours possible, surtout lorsque l'on choisit, à la retraite, un jardin plus modeste. Car à moins d'être particulièrement courageux ou de disposer de moyens importants pour l'entretien, on privilégie souvent une surface plus raisonnable.

Si je devais aujourd'hui déménager et repartir de zéro, je conserverais sans hésiter l'esprit du jardin de cottage.

Avant même de penser aux plantations, je veillerais à disposer d'une certaine intimité vis-à-vis des voisins. Ce serait probablement l'un de mes premiers critères au moment de l'achat.

J'investirais ensuite dans une petite serre, car les semis restent l'une des activités qui me procurent le plus de plaisir au jardin.

Puis je commencerais, comme en 1993, par penser aux rosiers. Même dans un petit jardin, je planterais quelques rosiers non remontants pour leur charme incomparable et leurs parfums inoubliables.


Great Western et The Alexandra Rose


Comme à la Roseraie, j'attendrais ensuite une année complète avant de leur offrir des compagnes, même si cela me démangerait terriblement.

Je privilégierais davantage les plantes à longue floraison. Ce serait sans doute un crève-cœur de renoncer à une partie de la diversité que je cultive aujourd'hui, ici comme à la Roseraie. Je dresserais alors la liste de toutes mes plantes favorites et, élimination après élimination, je ne conserverais que celles qui me procurent une véritable émotion.

Car finalement, si je repartais d'une page blanche, je crois que je jardinerais encore moins pour le design ou pour réduire l'entretien, et davantage pour retrouver chaque jour ces plantes qui me touchent profondément lorsque je passe devant elles.

Ah, et surtout, j'inspecterais chaque espace du jardin pour être sûre de ne pas avoir d'égopode !!!



samedi 13 juin 2026

Roseraie 2026 - Juin (1)

 

Tout d'abord, je voudrais préciser que tout ce que vous voyez dans ce post n'est déjà plus d'actualité. Je commence à rédiger ces articles le lendemain de la parution de celui du samedi car cela me prend un temps fou. Un peu chaque jour... Donc, si vous passez cet après-midi (même si je dis toujours que le matin, c'est mieux mais que vous ne m'écoutez pas), vous ne verrez pas tout ça. D'autant plus que les roses ont beaucoup souffert toute la semaine du vent fort et de la pluie. Je taille pas mal tous les deux jours (j'ai besoin d'un jour pour faire d'autres choses comme mes plantations d'annuelles en ce moment) pour susciter au plus vite une deuxième vague de floraison.

L'espace dédié aux roses d'Emile reste très beau par contre car parmi ses roses beaucoup sont à fleurs simples comme Ballerinetta et les triplés : Marc Knaepen, Luc Noël et Princesse Violette. La Surprise du Chef tient bien la route aussi face aux intempéries.




Aurore de Brunehaut, une rose bien pleine, a plus de mal dans de telles conditions.


Mélanie Foucart-Bonnet, issu de Ghislaine de Féligonde
renouvelle, comme lui, tellement ses fleurs qu'il ne paraît jamais affecté par la météo.





Avouez que ces deux-là (Mélanie et Ballerinetta)
se complètent bien !





Ce rosier ('Marc Knaepen') aurait mérité d'être mieux nommé,
même si je peux comprendre qu'à l'époque Emile ait voulu rendre hommage
à l'un des deux présentateurs de l'unique émission de jardinage 
qui avait beaucoup de succès.




Je l'aime beaucoup en compagnie du Cenolopium denudatum.





Petit passage par le grand massif jaune
ponctué de quelques notes de pourpre.


 
A gauche : Euphorbia ceratocarpa - Lilium 'Blacklist' - Digitalis micrantha 
Oenothera 'Apricot Delight' - Amaranthus 'Alegria'
A droite : Rosa 'Daniel mon Ami' - Digitalis micrantha - Cenolophium denudatum




Lilium 'Easy Vanilla'



Dans le jardin blanc, le sympathique Tanacetum parthenium 'White Bonnets' fait son effet.





Tandis que le Verbascum 'Snow Maiden' trône fièrement là où l'on ne l'attendait pas.





Souvent, je me dis que cette année, Monsieur X a bien de la chance car
toute cette pluie, c'est très bon pour les hydrangéas qui sont en pleine forme.


 
Hydrangea serrata 'Precioza'




 
Hydrangea macrophylla 'Blue Bird'
qui reste rose malgré mes apports d'alumine. Il va falloir que j'augmente la dose.



Très bel iris dans le petit étang.

Iris 'Black Gamecock'



Princesse du Ballet évolue comme le Belle de Sardaigne chez moi :
 en vieillissant, ils pâlissent fortement et
leur floraison est très longue.




Les campanules carillon, c'est toujours joli mais,
en rose, c'est carrément irrésistible.


 
Campanula medium 'Rosea'


Du Cenolophium denudatum, j'en planterais partout !
C'est une de ces plantes qui, quand elles se plaisent,
vont même jusqu'à se ressemer ci et là.





Pavots somnifères et digitales vont tellement bien ensemble,
vous ne trouvez pas ?


 



Cette année, Cuisse de Nymphe aura été particulièrement beau.








C'est parti pour un florilège de floraisons de lys pendant plusieurs semaines.


Lilium 'Trendy Dakota'




Lilium martagon


Comment peut-on encore dire qu'on n'aime pas le rouge
quand on se trouve devant un tel rouge framboise si appétissant ?


 
Sky Dragon - Framboise Frappé


Même couleur chez le petit rosier que j'ai importé de chez moi
 sauf qu'ici, les boutons ne s'ouvriront pas et ça en restera là.


Rosa 'Fraise des Bois'



Le jardin médiéval est bien différent de sa période "tulipes"
mais il reste fidèle à son fil conducteur au niveau des couleurs et
ce qui peut paraître un peu fouillis dans certains carrés,
est en fait très élaboré et réfléchi.
Hier encore, j'y ai planté de nombreuses annuelles :
amaranthes pourpres, zinnias de différentes variétés, mirabilis, malvas...





En attendant, je savoure chaque floraison de lys martagon, mes préférés.
Ils sont mis en valeur notamment par les pavots oranges (Papaver atlanticum
mais aussi par ces petites euphorbes (stricta 'Golden Foam')
qui sont en passe de bien se perenniser.


















 
Digitalis obscura - Salvia nemerosa


Au pied des arches :


Clematis 'Sunny Sky' - Rosa 'Légère Surprise' - Campanula persicifolia



 
Salvia nemerosa, semis de 'Caradonna'


Un pois de senteur un peu spécial, facile à semer et
que l'on rencontre malgré tout trop rarement.


Lathyrus tingitanus


Le petit massif jaune est en passe de devenir très attractif
avec ses belles roses jaune doux et toutes ses digitales dans le même ton.


Rosa 'Chalice of Gold'


A ce jour, ces roses sont fanées mais les delphiniums fleuriront encore longtemps
si Eole le veut bien.


Rosa 'Bubblegum Pink' - Delphinium 'Avalon'


En voivi un autre, plus beau encore et bien accompagné en plus.


 
Delphinium 'Magic Fountains' - Lychnis chalcedonica 'Morgenröt'


En parlant de delphiniums, encore beaucoup les confondent avec les Consolida ajacis.
D'où l'intérêt de les appeler par leurs noms latins
(petit clin d'oeil à un ami avec qui j'ai échangé cette semaine sur le sujet).




Chez ces derniers, le bleu domine;
alors quand j'en ai un rose, je jubile.



 


Encore un autre delphinium mais qui n'a rien à voir avec les autres.
C'est le Delphinium requienii, une bisannuelle.





Plein d'autres vivaces encore, communes ou moins communes :


 
Oenothera speciosa - Centaurea dealbata



Dianthus carthusianorum


Et celle-ci, je l'adore !
J'espère que vous m'en aviez pris lors de la vente au profit de la Roseraie
car c'est une vivace formidable.




Erigeron speciosus


 



Je vais déplacer la suivante pour qu'elle soit moins étouffée et se développe comme il se doit.


 
Campanula punctata 'Pink Chimes'











En 2024, j'avais ressemé des Lychnis coronaria 'Angel's Blush' car
au fil des ans, j'en avais perdu la majorité
(durée de vie courte et n'aiment pas trop l'humidité hivernale).
L'automne dernier, j'ai pu ainsi refaire cette longue bordure et 
reproduire le duo gagnant avec Salvia nemerosa 'Caradonna',
qui, elle, ne pose aucun problème de rusticité et de longévité.









Les Dipsacus fullonum surgissent des massifs de manière théâtrale
surtout sous la belle lumière matinale.





Retenez la combinaison avec une belle sanguisorbe haute et érigée
(ici Sanguisorba 'Lum').
Elle est d'une belle teinte bordeaux, lie-de-vin, très intéressante au jardin
pour rompre la monotonie de couleurs pastels surtout.
Même couleur chez cet allium très spécial :
Allium 'Forelock'.


 






Côté annuelles, dans les jardins, on a tendance à voir toujours les mêmes :
celles qui ne demandent aucun travail et
qui se ressèment toutes seules comme les Nigella damascena.
Elles sont certes très belles mais,




je ne saurais me passer des pois de senteur,


 




 


de ces silènes,


 
Silene orientalis


et pareil pour les Campanula medium, bisannuelles que je sème chaque année.






Moins de roses à vous montrer cette semaine tellement elles ont été abimées
par le temps automnal qu'on a connu.


Jardin d'Aywiers - Hippity Hop



Shazzam


Les pavots, eux, comme ils se renouvellent chaque jour et
si le matin est clément, on peut les admirer et les apprécier.





 






 







 






Ma grande satisfaction de la semaine, ce sont les delphiniums
qui ont tenu bon malgré les bourrasques.
Cette variété (Avalon) porte des tiges qui sont bien plus costaudes que d'autres.
Je remarque déjà cette vigueur chez des semis de mars 
dont les racines pointent déjà sous leurs godets !





Mes photos préférées de la semaine


Antirrhinum majus (semis spontané)





Et une fois n'est pas coutume :
trois photos de Bruno qui me plaisent particulièrement.


 
Lilium martagon - Papaver rhoeas



Jacques Cartier Grimpant