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dimanche 12 juillet 2026

Dites-moi édition spéciale : le grand remplacement !

 

Chaque année, c'est pareil. Et plus encore pour celle-ci où l'on en est déjà mi-juillet à notre troisième vague de chaleur. Un été de malade ! Avec des températures qui ont frôlé le 40 dans le Limbourg chez nous et qui les dépassent encore allègrement dans le sud-ouest de la France à l'heure où j'écris ces lignes.

Sur ce blog, vous ne me verrez pas montrer des horreurs de plantes grillées et encore moins énumérer tout ce qui aurait résisté au crédo des imbéciles "Un jardin sans arrosages". "Agir et de manière préventive" serait plutôt ma devise à moi.


 

 


On sent le dépitement enfler, le découragement gagner du terrain et déjà les idées de "grand remplacement" fusent un peu partout sur les réseaux. "Je vais remplacer ceci par cela", "fini les phlox", "fini les hydrangéas"...




Alors aujourd'hui, je viens aux nouvelles. Quel est votre sentiment ? Quels sont les changements que vous envisagez à mettre en place dès cet automne ?

Notez que l'an prochain, au printemps, je ferai un bilan avec vous pour recenser ce qui a été réellement réalisé car pour beaucoup ces envies de changements ne se concrétisent jamais et dès les premières pluies revenues et l'herbe redevenue verte, tout est oublié... jusqu'à l'année prochaine.

Il est peut-être un peu tôt pour dresser un bilan car on ne sait pas ce que le mois d'août nous réserve mais ici, en Belgique, les températures en tant de canicule ont avoisiné les 35°, incomparable avec ce que vous avez connu dans l'hexagone mais certes très inhabituel et ennuyeux pour nos jardins qui se rapprochent plus de ceux "à l'anglaise".
Personnellement, j'ai pu parer à de gros dégâts grâce à différents facteurs.
Tout d'abord, l'eau en suffisance. On n'en manque pas chez nous au niveau des nappes phréatiques qui sont approvisionnées tout l'automne et l'hiver. Tant à la Roseraie que chez moi, j'utilise l'eau de ville donc sans remords. Juste que cela a un coût mais c'est mon choix. Garder un jardin beau et luxuriant, ce sont mes vacances et je n'entame pas mon bilan carbone contrairement à beaucoup.
A la Roseraie, chaque coin a été arrosé tous les trois jours.  J'ai particulièrement abreuvé mes annuelles plantées en fin de printemps comme les zinnias, les amaranthes, les persiciares orientalis. Ce sont toutes des plantes qui ont besoin d'eau régulièrement car leur système racinaire est encore tout jeune. Et puis, il y a certaines vivaces qui nécessitent plus d'attention aussi à ce niveau-là comme les phlox (une de mes grosses addictions) et les anémones qui, sans eau, flétrissent et deviennent même "crispy".

Hier, pendant que je faisais enfin un peu de nettoyage dans les massifs, Bruno est venu m'assister en arrosant les arbres qu'ils ne faut surtout pas oublier au risque de les perdre et de se voir ainsi privé encore plus de ces précieux ombrages. Il a ainsi arrosé les Malus 'Evereste' en bord de parking, le grand érable negundo dans le jardin zen, l'Heptacodium en même temps que tous les hydrangéas et fougères de ce même espace. Là, cela coûte à la commune mais c'est un investissement somme toute minime par rapport à d'autres rubriques au budget, parfois bien futiles à mon goût. Quelle est la commune qui peut se vanter d'avoir une roseraie entretenue par une bénévole ?

Dans mon propre jardin, arrosage également tous les trois jours pour les massifs et je ne parle même pas des nombreux pots, jardinières et paniers suspendus qui eux sont arrosés tous les jours, parfois même une deuxième fois si exposés en plein soleil et non abrités du vent desséchant.

Attention, quand je dis "arroser", il ne s'agit pas de mettre trois gouttes par ci par là. Un arrosage copieux est souhaitable. Pour les massifs, j'observe : si ça "boit" rapidement, je reviens ensuite une seconde fois vers cette plante avec le tuyau. Pour les pots (en terre cuite et sans soucoupe chez moi), aucun risque de surdosage, ça s'écoule par le bas (le fond de mes pots a été bien drainé) et ça respire.



Il faut aussi noter que je continue à donner de l'engrais aux dahlias et annuelles des paniers une fois par semaine ce qui leur donne de la force pour s'étoffer, former des boutons qui exploseront dès que les températures redeviendront un peu plus normales.


 


Que de travail diront certains. Oui et c'est le prix à payer pour garder tout en état. No pain no gain (again).




Il y a aussi un autre facteur important que j'évoquais dans mon post d'hier : la manière de planter et de jardiner. Oui, planter serré aide comme répète Fred jour après jour. Mais chez moi, je vais encore plus loin. Vous ne verrez pas de terre nue déjà au mois d'avril et ça va rester ainsi jusqu'à septembre, octobre quand je commencerai mon grand nettoyage. En mai, chaque espace a été comblé par les pavots que je laisse se ressemer et pousser de manière très tolérante et en ce moment (j'ai arraché tous les pavots brunis), ce sont les carottes sauvages et les érigérons qui ont pris le relais. J'en connais qui n'aimeraient pas cette profusion qui ne fait pas nette mais ces plantes que l'on peut qualifier, elles, de plantes chameaux apportent de l'ombre aux pied des vivaces qui pourraient être grillées sans cela. Il faut juste être vigilant et en arracher l'une ou l'autre qui étoufferait un peu une précieuse et aussi de temps en temps rabattre les érigérons de moitié. Encore du travail, me direz-vous... Ben oui... no pain no gain (again ans again ♫).




Donc, personnellement, pas de grand remplacement ni de grand chamboulement cet automne (j'ai même commencé une wish-list de phlox chez Sarastro !) mais je vais juste continuer à prendre soin de ma santé, mon bien le plus précieux car sans elle, impossible d'assumer tout ce que j'ai énuméré plus haut.

Une note d'optimisme et d'espoir pour terminer. Ici, en Belgique, on annonce le retour des pluies fin de semaine et pour le w-e prochain. Yes ! 


dimanche 28 juin 2026

Dites-moi...

 

... Quel effet cela vous fait-il de voir des photos de roses abîmées, 
tachées ou fanées sur les réseaux sociaux ou sur un blog ?
Appréciez-vous de voir l'évolution d'une rose depuis son ouverture jusqu'à son flétrissement complet ?Cela peut-il influencer un futur achat ?


Je vois souvent passer sur Facebook des photos de roses qui sont très loin d'être sous leur meilleur jour. Et je dois reconnaître que cela me choque toujours.

Parce que, lorsque je photographie une rose, j'ai envie de montrer du beau. Tout simplement.

Et aussi parce que je trouve cela peu respectueux pour la plante concernée. Oui, je sais, certains vont lever les yeux au ciel en lisant cela. Mais n'oublions pas que les plantes sont des êtres vivants. Je compare souvent cela à ces photos de personnes prises à leur insu lors d'une fête ou d'un événement, au moment précis où elles grimacent, clignent des yeux ou ont simplement l'air épuisé. Puis la photo est publiée sur les réseaux.

Vous l'accepteriez, vous ?

Je me souviens avoir demandé, il y a longtemps, à certaines blogueuses de retirer des photos de moi prises lors de fêtes des plantes. Certaines l'ont fait sans problème. D'autres l'ont beaucoup moins bien pris. Pourtant, il ne s'agissait même pas de droit à l'image mais simplement de respect et de bon sens.

Pour revenir aux roses, une petite imperfection ne me dérange absolument pas. Une fleur légèrement marquée par la pluie, pourquoi pas. Mais les pétales couverts de pourriture, les fleurs brunies, décomposées ou à moitié fanées, non.

Et c'est généralement à ce moment-là qu'on me répond :

Oui mais c'est important de voir la rose dans tous ses états.

Eh bien, pas pour moi.

Une rose fanée, je fais comme Philippe (coucou !) : je coupe. D'abord parce que ce n'est plus joli, ensuite parce que cela favorise la remontée. Je ne vois donc aucun intérêt à accumuler des photos de fleurs en fin de parcours alors que leur rôle au jardin est terminé.

Une fois, j'ai même eu le sentiment qu'il y avait une intention franchement malveillante derrière certaines publications. Une blogueuse avait montré des roses de Warren dans un état digne d'un épisode de Creepshow. À croire qu'elle avait cherché les fleurs les plus sinistrées du jardin avant de sortir son appareil.


 
Voir de telles photos de Streamliner et de Daniel mon Ami
me rend dingue et je pense que c'était le but !

Mais il y a pire (sur le même blog) :


Là, on peut carrément parler de campagne de dénigrement.
T'inquiète, cocotte, le karma se chargera de toi !

Le même rosier à La Glanerie :

 


Et puisque nous parlons de photos...

Je ne parle même pas de celles prises en quatrième vitesse avec un appareil censé servir avant tout à téléphoner.

Là, nous sommes face à deux catégories de personnes.

La première ne voit absolument aucune différence entre une photo vaguement correcte prise avec un smartphone et une photographie soignée réalisée avec un véritable appareil photo. Pour celles-là, la cause est entendue. Il est inutile de leur parler de lumière, de profondeur, de cadrage ou de ce que j'appelle "cultiver la beauté". Nous ne vivons tout simplement pas sur la même planète.


 Le smartphone a démocratisé la photographie de jardin.
Pour le meilleur... et parfois pour le pire.


La seconde catégorie est constituée de ceux qui veulent un appareil unique capable de tout faire : téléphone, ordinateur, appareil photo...




Sur le papier, pourquoi pas.

Dans la réalité, à part pour téléphoner, chacun de ces usages est réalisé moins bien que par un appareil conçu spécifiquement pour cela. On me répond souvent que le smartphone coûte moins cher. C'est vrai... à condition de ne pas choisir un modèle haut de gamme dont le prix dépasse parfois celui d'un très bon appareil photo.

Une amie m'a aussi expliqué qu'un smartphone tient dans une poche et qu'on n'emporte pas son appareil photo partout.

Moi si. 😄




Et vous ?

Les photos de roses fanées, tachées ou franchement disgracieuses vous dérangent-elles ? Ou estimez-vous au contraire qu'il faut tout montrer, même ce qui est laid ?

Et tant qu'on y est : la qualité photographique d'une image compte-t-elle encore pour vous, ou considérez-vous qu'un cliché pris à la va-vite avec un smartphone suffit largement ?

Je vais peut-être paraître affreusement superficielle mais lorsque je visite un blog de jardin, je n'y vais pas pour voir du laid.

J'en vois déjà suffisamment chez moi après trois jours de pluie, une semaine de canicule ou un coup de vent un peu trop enthousiaste.

Quand une rose est couverte de taches, quand ses pétales brunissent ou quand elle ressemble à une vieille serpillière oubliée au soleil, je n'ai pas besoin d'une photo pour savoir que cela existe. Je le constate chaque année dans mes propres massifs.

Je ne vais pas dans un jardin pour lire des phrases "philosophiques". Je ne m'extasie pas devant les feuilles rongées par les limaces. Je ne m'arrête pas en admiration devant un rosier atteint de marsonia.

Je vais dans un jardin pour chercher l'émotion, l'harmonie, la beauté.

C'est d'ailleurs pour cela que nous passons des heures à choisir les bonnes associations, à désherber, à tailler, à déplacer une plante de cinquante centimètres parce qu'elle serait mieux un peu plus à gauche. Si le but était simplement de montrer la réalité brute, nous pourrions tous photographier notre tas de compost et en rester là.

Quand je publie une photo, je fais un choix. Je sélectionne un instant où la rose est belle. Pas parce que je veux tromper qui que ce soit, mais parce que c'est précisément ce moment-là qui mérite d'être célébré.

Personne n'achète une rose pour admirer ses fleurs fanées.

On me dit parfois :

« Oui mais il faut montrer la réalité. »

Comme si montrer une belle rose revenait forcément à mentir.

Pourtant, lorsqu'un photographe immortalise un coucher de soleil exceptionnel, personne ne lui reproche de ne pas avoir attendu le lendemain sous la pluie pour montrer "la réalité".

Lorsqu'un amateur de cuisine publie une photo de son gâteau parfaitement réussi, personne ne lui demande où sont les ratés des trois tentatives précédentes.

Pourquoi cette étrange obsession apparaît-elle dès qu'il s'agit des plantes ?

Une rose magnifique est tout autant la réalité qu'une rose fanée.

La différence, c'est simplement que l'une procure du plaisir à regarder et l'autre beaucoup moins.

Je me demande parfois si certains jardiniers aiment encore les fleurs ou s'ils aiment surtout traquer leurs défauts.

À force de vouloir absolument montrer la moindre tache, le moindre pétale brûlé ou la moindre fleur défraîchie, on finit par oublier pourquoi on a planté des roses au départ.

Pour leur beauté.

Du moins, je l'espère.


Quand je photographie, j'ai toujours en poche
un sécateur ou une épinette pour enlever les fleurs fanées.
(L'Ange de Lesdain)


dimanche 21 juin 2026

Dites-moi...

 

... Utilisez-vous les noms vernaculaires ou latin en parlant de votre jardin ? 

Que pensez-vous des sites ou magazines qui n'utilisent que l'un ou l'autre ? 

Avez-vous déjà rencontré des problèmes de compréhension avec l'un ou l'autre ?



J'avais demandé un petit visuel à Chat GPT pour illustrer le post et il a absolument tenu à me faire cette BD !


La semaine dernière, j'étais en discussion avec un jeune ami jardinier. Nous parlions de plantes, de semis, de vivaces et de toutes ces découvertes qui font le charme de notre passion. Au fil de la conversation, j'ai remarqué qu'il utilisait presque exclusivement les noms communs des plantes. Je lui ai alors dit que, s'il souhaitait persévérer dans le domaine du jardinage et approfondir ses connaissances, il gagnerait beaucoup à apprendre les noms latins.

Non pas par snobisme ou pour compliquer inutilement les choses, mais tout simplement parce qu'ils permettent d'être beaucoup plus précis. Et puis, lorsqu'on est jeune, l'apprentissage se fait souvent plus facilement. Mémoriser quelques dizaines de noms botaniques à vingt ans demande généralement moins d'efforts qu'à cinquante ou soixante. C'est un investissement qui sera utile toute une vie.

Pour ma part, plus les années passent, plus je mesure l'intérêt des noms latins.

Pourquoi les noms latins sont-ils si utiles ?

Ils sont universels

Que vous discutiez avec un jardinier belge, français, anglais, néerlandais ou allemand, Rosa 'New Dawn' reste Rosa 'New Dawn'. Le nom est le même partout.

Les noms vernaculaires, eux, changent selon les régions, les pays et parfois même les villages.

Ils évitent les confusions

Un même nom commun peut désigner plusieurs plantes totalement différentes.

À l'inverse, un nom botanique désigne une plante précise.

Quand quelqu'un me parle de Salvia nemorosa 'Caradonna', je sais exactement de quoi il s'agit. Si l'on me dit simplement « une sauge violette », cela peut correspondre à des dizaines de plantes différentes.

Ils permettent de mieux comprendre les liens entre les plantes

Lorsqu'on connaît un peu les noms latins, on découvre rapidement des parentés.

On comprend que plusieurs plantes appartiennent au même genre, qu'elles ont parfois les mêmes exigences ou les mêmes caractéristiques.

C'est finalement une excellente porte d'entrée vers la botanique

Ils facilitent les recherches

Cherchez une plante sur internet avec son nom botanique et vous obtiendrez généralement des informations fiables et précises.

Essayez avec certains noms vernaculaires et vous risquez de tomber sur plusieurs espèces différentes, voire sur des résultats qui n'ont rien à voir.

Ils permettent d'acheter la bonne plante

Dans les catalogues sérieux, les pépinières spécialisées ou les collections botaniques, le nom latin reste la référence.


Ils permettent d'acheter la bonne plante

Dans les catalogues sérieux, les pépinières spécialisées ou les collections botaniques, le nom latin reste la référence.

C'est souvent la seule manière d'être certain de recevoir exactement la plante recherchée.


Pourtant, les noms vernaculaires ont aussi leurs limites...

Je suis régulièrement confronté à des situations où les noms communs créent davantage de confusion qu'ils n'apportent de clarté.

Quand les pavots deviennent des coquelicots...




Cette photo extraite d'un groupe Facebook en est un parfait exemple.

On y voit clairement des pavots somnifères (Papaver somniferum) à fleurs doubles.

Pourtant, la personne qui l'a postée annonce simplement : « Coquelicots du jardin ».

Le problème n'est pas seulement une question de vocabulaire.

Le véritable coquelicot est Papaver rhoeas, cette fleur sauvage rouge qui colore nos champs au printemps.

Entre Papaver rhoeas et Papaver somniferum, il existe des différences importantes de taille, de feuillage, de capsules, de comportement au jardin.

Si quelqu'un souhaite obtenir des graines après avoir vu cette photo et demande des « coquelicots », il y a de fortes chances qu'il ne reçoive pas ce qu'il recherche réellement.


Quand le mot "pavot" ne veut plus rien dire

Cette publication est également intéressante.




Mais quels pavots ?

Papaver rhoeas ?
Papaver somniferum ?
Papaver orientale ?
Papaver atlanticum ?

Le terme « pavot » est ici tellement large qu'il devient pratiquement inutilisable.

Deux personnes peuvent croire parler de la même plante alors qu'elles évoquent des espèces totalement différentes.

L'utilisation des noms botaniques aurait permis de savoir immédiatement ce qui était recherché.

Sur la même publication, j'ai aussi mis du temps (après avoir fait une recherche sur Google) à réaliser que les fameuses gouttes de sang était des Impatiens (walleriana pour être précis).


Les fameuses "soupes" de termes approximatifs

Et puis il y a ces situations que nous rencontrons tous sur les réseaux sociaux.




Là encore, la confusion est fréquente.

Dans le langage courant, le terme « boule de neige » peut désigner : certains viburnums et même un rosier ancien !

La plante photographiée est manifestement un hortensia (Hydrangea macrophylla).

Pourtant, de nombreuses personnes répondront simplement « oui, c'est une boule de neige ».

Le problème est qu'au bout de quelques échanges, plus personne ne sait réellement de quelle plante il est question.

Nous nous retrouvons alors avec des conversations où se mélangent les noms locaux, les surnoms régionaux, les appellations commerciales, les noms de groupes horticoles comme les décorosiers par exemple et parfois même des identifications erronées.

Une véritable soupe terminologique qui finit par embrouiller tout le monde.


Faut-il pour autant bannir les noms vernaculaires ?

Je ne le pense pas.

Les noms communs ont leur charme. Ils font partie de notre patrimoine horticole. Certains sont même magnifiques : digitale, campanule, coquelicot, monnaie-du-pape, cœur-de-Marie...

Ils rendent souvent les plantes plus accessibles aux débutants.

Mais à mes yeux, l'idéal reste de les associer aux noms botaniques comme je le fais sur le blog et dans mes livres.

Écrire ou dire « le coquelicot (Papaver rhoeas) » ou « l'hortensia (Hydrangea macrophylla) » permet de satisfaire tout le monde.

Le débutant retrouve un nom qu'il connaît, tandis que le jardinier plus expérimenté sait immédiatement de quelle plante il est question.

Au fond, les noms latins ne sont pas là pour compliquer le jardinage. Ils sont là pour nous permettre de parler tous le même langage.

Cela permettrait de gagner du temps plutôt que de devoir réfléchir et chercher sur le net pour associer « arbre de jade » à Crassula ovata ou « moustaches de chat » à Orthosiphon aristatus.








Quand l'erreur devient une vérité

Il existe aussi une catégorie particulièrement redoutable : les personnes qui ne se contentent pas d'utiliser des termes approximatifs, mais qui persistent dans leurs erreurs et finissent même par les transmettre aux autres.

J'ai encore vu récemment cette publication :



Le problème est que le rosier mauve photographié n'était pas du tout 'Bobby James'.

Pour qui connaît un peu les rosiers, il s'agissait manifestement de 'Veilchenblau'.

Nous ne sommes plus ici dans une simple question de vocabulaire, mais dans une erreur d'identification.

Après tout, personne ne peut tout connaître et chacun se trompe un jour ou l'autre. Là où cela devient gênant, c'est lorsque l'erreur est publiée comme une information certaine. Quelques jours plus tard, plusieurs personnes l'ont lue, l'ont retenue et la reproduiront à leur tour. Petit à petit, l'information fausse circule davantage que la bonne.

Les réseaux sociaux amplifient particulièrement ce phénomène. Une identification erronée est partagée, reprise, copiée dans d'autres groupes et finit parfois par devenir une sorte de vérité collective.

C'est aussi pour cette raison que j'apprécie les noms botaniques et les noms de cultivars correctement employés. Ils obligent souvent à davantage de rigueur. Lorsqu'on écrit Rosa 'Veilchenblau', il est plus facile de vérifier son information que lorsqu'on se contente d'affirmer qu'il s'agit d'un « rosier liane mauve ».

Finalement, le plus important n'est peut-être pas de tout savoir, mais d'accepter qu'on puisse se tromper et de conserver un peu de prudence lorsque l'on identifie une plante. Un simple « je pense que c'est... » ou « à vérifier » vaut souvent mieux qu'une certitude erronée.


Ceux qui ne se mouillent jamais

Et puis il y a une dernière catégorie. Celle qui, je l'avoue, m'agace probablement plus que toutes les autres.




Ce sont les personnes qui publient des dizaines de photos de roses, de clématites, de pivoines ou d'autres plantes remarquables sans donner la moindre identification.

On a droit à un album complet de vingt photos, parfois de très belles variétés, mais aucun nom. Rien. Pas même une étiquette approximative.

Naturellement, lorsqu'un amateur curieux demande « Quelle est cette rose ? » ou « Connaissez-vous le nom de cette clématite ? », on a souvent l'impression de passer pour un emmerdeur qui chicane et qui ne peut pas se contenter de juste admirer et dire que c'est bôôô !

Parfois la question reste sans réponse. Parfois elle est noyée sous d'autres commentaires. Et parfois on obtient un vague « Je ne sais plus ». Là, ma frustration est alors à son comble !

Ce qui me surprend toujours, c'est que nous sommes pourtant sur des groupes ou des pages consacrés aux plantes. L'identification est souvent la première information qui intéresse les autres jardiniers.

Quand je vois une belle rose, mon premier réflexe n'est pas de me dire qu'elle est jolie. Je me demande aussi quel est son nom, qui l'a créée, comment elle se comporte au jardin, si elle est parfumée, remontante ou résistante aux maladies.

Le nom fait partie de l'histoire de la plante.

Publier une série de photos sans aucune identification, c'est un peu comme publier un album d'oiseaux sans indiquer leur espèce ou un livre de peinture sans mentionner les artistes.

Bien sûr, personne n'est obligé de tenir un registre botanique complet. Nous oublions tous parfois le nom d'une variété. Mais lorsque l'on possède une collection de roses ou de clématites suffisamment importante pour alimenter régulièrement les réseaux sociaux, prendre quelques secondes pour noter les identifications me semble être le minimum.

D'autant plus que ce sont souvent ces mêmes personnes qui s'étonnent ensuite de recevoir sans cesse la question « Quel est son nom ? ».

Eh bien justement... parce que c'est probablement l'information la plus intéressante de la photo.


dimanche 14 juin 2026

Dites-moi...

 

... si vous repartiez d'une page blanche, comment aménageriez-vous votre jardin ?




La semaine passée, Dominique écrivait ceci :

La pension se profile tout doucement à l'horizon. Mon travail est à quelques minutes de la maison. Peut être qu après le travail, je réfléchirais à partir.

Qui a déménagé et recommencé un nouveau jardin ?


Aujourd'hui, je vous propose de lui répondre, de partager nos expériences et peut-être de lui donner quelques pistes de réflexion.

Je n'ai pas déménagé depuis 1993 et, honnêtement, ce n'est pas dans mes projets, même si Bruno râle parfois lorsque notre vieille fermette réclame de nouveaux travaux et qu'il se verrait volontiers dans un appartement plus facile à entretenir.

Pourtant, en 2017, j'ai eu l'impression de repartir presque de zéro avec la création de la Roseraie. Certes, j'ai dû composer avec un lieu existant et une structure déjà en place, mais les transformations ont été importantes. Nous avons supprimé les nombreux bambous, quelques petits rosiers sans grand intérêt, des arbustes devenus trop encombrants, un bouleau qui faisait beaucoup d'ombre, un grand Parrotia, des euphorbes 'Graffiti' très traçantes, des hémérocalles banales...




Afin d'offrir aux rosiers un maximum de soleil, j'ai volontairement limité l'introduction de nouveaux arbustes.

L'un des critères essentiels fut l'harmonie des couleurs. Comme dans mon jardin, j'ai regroupé les roses jaunes. Pendant longtemps, beaucoup m'ont cataloguée dans les « couleurs pastel ». Pourtant, j'aime aussi énormément l'orange; tout est une question d'association. C'est ainsi qu'est né le coin Bollywood du jardin médiéval.






Pour réussir ces mariages de couleurs, les chambres de verdure sont d'ailleurs très utiles. Elles permettent de cloisonner les ambiances et d'éviter qu'un ensemble ne paraisse discordant lorsqu'on embrasse le jardin du regard.

Mais cela n'est pas toujours possible, surtout lorsque l'on choisit, à la retraite, un jardin plus modeste. Car à moins d'être particulièrement courageux ou de disposer de moyens importants pour l'entretien, on privilégie souvent une surface plus raisonnable.

Si je devais aujourd'hui déménager et repartir de zéro, je conserverais sans hésiter l'esprit du jardin de cottage.

Avant même de penser aux plantations, je veillerais à disposer d'une certaine intimité vis-à-vis des voisins. Ce serait probablement l'un de mes premiers critères au moment de l'achat.

J'investirais ensuite dans une petite serre, car les semis restent l'une des activités qui me procurent le plus de plaisir au jardin.

Puis je commencerais, comme en 1993, par penser aux rosiers. Même dans un petit jardin, je planterais quelques rosiers non remontants pour leur charme incomparable et leurs parfums inoubliables.


Great Western et The Alexandra Rose


Comme à la Roseraie, j'attendrais ensuite une année complète avant de leur offrir des compagnes, même si cela me démangerait terriblement.

Je privilégierais davantage les plantes à longue floraison. Ce serait sans doute un crève-cœur de renoncer à une partie de la diversité que je cultive aujourd'hui, ici comme à la Roseraie. Je dresserais alors la liste de toutes mes plantes favorites et, élimination après élimination, je ne conserverais que celles qui me procurent une véritable émotion.

Car finalement, si je repartais d'une page blanche, je crois que je jardinerais encore moins pour le design ou pour réduire l'entretien, et davantage pour retrouver chaque jour ces plantes qui me touchent profondément lorsque je passe devant elles.

Ah, et surtout, j'inspecterais chaque espace du jardin pour être sûre de ne pas avoir d'égopode !!!



dimanche 7 juin 2026

Dites-moi...


... Etes-vous impacté par l'environnement direct de votre jardin ?
Parvenez-vous à en faire abstraction ?
Quand vous visitez des jardins, est-ce que cela influe votre jugement ou votre appréciation ?


Il y a quelques jours, une visiteuse de la Roseraie de mon village m'a fait une remarque qui m'a interpellée. Elle était surprise de découvrir toutes les maisons qui entourent le jardin. En réalité, c'est quelque chose que j'occulte presque systématiquement lorsque je prends mes photos.






En général, je photographie ce massif depuis "le bas" afin d'avoir la Maison de Village dans mon dos comme sur la photo suivante :




Quand je photographie un massif, une rose ou une association de plantes, mon intention est de mettre en valeur ce qui m'a émue sur le moment : une lumière particulière, une harmonie de couleurs, un contraste de formes, une floraison à son apogée. Je cherche à montrer le jardin sous son meilleur jour. Alors, naturellement, j'évite d'inclure dans le cadre les bâtiments voisins, une voiture qui passe ou tout autre élément qui détournerait le regard de ce que j'ai envie de partager.


Ce poteau d'éclairage, j'essaie aussi de toujours l'éviter sur mes prises de vue


Sa remarque m'a fait réfléchir. Je me suis demandé si elle avait été déçue en découvrant la réalité. Peut-être s'était-elle imaginé la Roseraie perdue au milieu de la campagne, loin de toute habitation. Pourtant, ce n'est pas le cas. Comme beaucoup de jardins, elle existe au cœur d'un village, avec son environnement, ses maisons, ses rues et sa vie quotidienne.

Je fais d'ailleurs exactement la même chose dans mon propre jardin. J'ai déjà énormément de chance de vivre dans une maison quatre façades avec un jardin dont je profite chaque jour. Pourtant, lorsque je photographie mes massifs, j'évite souvent de montrer que j'ai des voisins relativement proches de chaque côté. Non pas parce que je trouve ça moche, mais simplement parce que ce n'est pas le sujet de la photo. Ce qui m'intéresse, c'est les plantes, la beauté, l'agencement du jardin, son charme. Le reste disparaît naturellement du cadre.


Quand je photographie mes rosiers lianes (Seagull ici), j'essaie de ne pas prendre la toiture du voisin dans le cadre.


Cette réflexion m'a rappelé une participante du Seeds of Love qui, il y a quelques années, avait publié une photo de son jardin. Le jardin était charmant, soigneusement aménagé, plein de vie et de personnalité. Mais juste derrière se dressait un grand immeuble de nombreux étages, comme on en trouve dans certaines zones très urbanisées de la région parisienne où elle habitait.


Photo générée par l'IA car je n'ai pas retrouvé celle d'Alexandra


Je me souviens avoir trouvé cette photo particulièrement inspirante. Elle montrait qu'un jardin ne se résume pas à son environnement immédiat. Vivre au jardin, c'est aussi un état d'esprit. C'est la capacité à regarder ce qui pousse plutôt que ce qui gêne. C'est savoir apprécier le verre à moitié plein. Se réjouir d'un merle qui chante au petit matin, d'une rose qui s'ouvre, d'une abeille qui visite une fleur ou d'un semis qui réussit. Le bonheur du jardinier se niche souvent dans ces petits détails.


Vue depuis ma cuisine. Ca donne sur la rue et sur le mur du voisin qui a récemment été rénové avec une jolie brique. Moi, je ne vois que les roses !


Bien sûr, il serait difficile de nier que certains cadres sont plus spectaculaires que d'autres. Un grand jardin au milieu de nulle part, entouré de prairies, avec une vue dégagée sur la campagne ou les collines, cela impressionne immédiatement. Cela participe forcément à l'émotion ressentie lors de la visite. Le décor influence notre perception, parfois même inconsciemment.

Pourtant, lorsque je visitais un jardin, je ne pense pas que je m'attardais particulièrement sur cet aspect. Bien sûr, je remarquais les belles perspectives ou les paysages environnants, mais ce n'était pas ce qui retient le plus mon attention. Moi, ce sur quoi je ne peux pas m'empêcher de focaliser, ce sont les harmonies de couleurs. C'est plus fort que moi. Je vais observer comment les roses sont accompagnées, comment les feuillages mettent en valeur les floraisons sans qu'il n'y ait un clash entre les feuillages entre eux (j'en ai déjà parlén ce n'est pas parce que vous avez au jardin du doré, du pourpre du panaché... que c'est forcément juste et beau), comment les couleurs, les nuances se fondent les unes avec les autres. Même dans le plus beau paysage du monde, mon regard finit toujours par revenir vers une association de plantes particulièrement réussie. Donc, je ne retiens que le positif même si au fond de moi-même j'ai l'esprit très critique.


dimanche 31 mai 2026

Dites-moi...

 




... Cela vous dérange-t-il de voir passer des publications qui ne sont pas ou plus de saison ?
Parvenez-vous à vous projeter dans les mois à venir pour jardiner ?
Achetez-vous des plantes “à contretemps”, simplement parce que vous savez qu’elles seront magnifiques plus tard ?


Il y a quelques jours, j’ai publié plusieurs articles sur les tulipes. J’y présentais des variétés qui m’ont particulièrement marqué cette année, des associations réussies, des idées pour renouveler certaines scènes du jardin… Et j’ai bien vu que cela suscitait relativement peu d’intérêt. En mai, beaucoup ont déjà tourné la page des bulbes. Les tulipes sont fanées, les rosiers démarrent, les vivaces prennent le relais. On a envie de parler du présent, de ce qui fleurit sous nos yeux.




Et pourtant… c’est précisément maintenant qu’il faut réfléchir à ses commandes d’automne.

J’ai moi-même déjà envoyé la mienne chez Peter Nyssen, simplement parce que je sais par expérience que les plus belles variétés partent vite. Attendre septembre, c’est souvent devoir remplacer ses coups de cœur par “ce qu’il reste”. Or, un jardin ne se construit pas dans l’instant. Il se prépare des mois à l’avance.




Cela m’a rappelé une autre expérience récente.

Comme je le fais deux fois par an au profit de la Roseraie, j’ai proposé aux gens du coin une petite vente de vivaces à 2 € pièce. Parmi elles, il y avait beaucoup d’asters que j’avais divisés l’automne dernier. De très beaux asters, robustes, généreux, déjà bien enracinés. Et ils ont eu très peu de succès.



En mai, on ne pense pas aux asters, voyons !!!

C’est presque amusant, parce qu’en septembre prochain, beaucoup chercheront justement des plantes capables d’apporter de la couleur en fin de saison. Beaucoup regretteront les massifs qui s’éteignent trop tôt, les scènes devenues un peu tristes dès la fin août. Mais au printemps, quand les asters sont de simples touffes vertes sans grand attrait, ils deviennent invisibles aux yeux de nombreux jardiniers.

Et c’est peut-être là une des plus grandes difficultés du jardinage : parvenir à se projeter dans le temps.

Jardiner, ce n’est pas seulement aimer les fleurs. C’est accepter de vivre en permanence dans plusieurs saisons à la fois. Quand nous plantons des tulipes, nous pensons au printemps suivant. Quand nous divisons des asters, nous imaginons l’automne à venir. Quand nous installons de jeunes arbustes, nous rêvons déjà à ce qu’ils deviendront dans cinq ans.

Le jardinier doit d’ailleurs toujours avoir quelque part dans un coin de sa tête une sorte de calendrier invisible des tâches à effectuer. Penser à semer les cobées bien au chaud dès janvier. Ne pas oublier les semis de bisannuelles entre la fin mai et la mi-juin. Prévoir le bon moment pour bouturer, diviser, repiquer ou déplacer certaines plantes avant qu’il ne soit trop tard.

Bien sûr, aujourd’hui, toutes ces informations se trouvent facilement dans les bons livres ou sur les bons sites spécialisés. Mais avec le temps, ce calendrier devient aussi profondément personnel. Il se construit grâce aux expériences accumulées au fil des années.

Par exemple, je sais désormais que si je mets en place mes digitales en septembre, les touffes auront largement le temps de grossir avant l’hiver. Elles seront plus solides, plus enracinées, et surtout beaucoup plus florifères au printemps suivant. Si j’attends novembre pour les planter, le résultat ne sera jamais aussi spectaculaire. Ce sont de petits détails que l’on apprend parfois après plusieurs essais… et quelques déceptions.

Le jardin finit ainsi par nous apprendre son propre rythme.

Et ce rythme va souvent à contre-courant de notre manière moderne de vivre. Nous vivons dans une époque de l’immédiateté. Nous voulons voir tout, tout de suite. Acheter une plante en fleurs est rassurant : on sait ce qu’on emporte. Acheter en mai un godet qui ne fleurira qu’en septembre demande davantage d’imagination.

Et pourtant, les meilleurs jardins sont souvent ceux qui ont été pensés avec plusieurs mois — voire plusieurs années — d’avance.

Je crois aussi que les réseaux sociaux accentuent encore ce phénomène. Nous sommes bombardés d’images de jardins à leur apogée. Des pivoines magnifiques en mai. Des roses sublimes en juin. Des dahlias spectaculaires en septembre. Chaque saison chasse la précédente à toute vitesse. Dès qu’une floraison est terminée, elle semble appartenir au passé.

Alors voir passer un article sur les tulipes au moment où les rosiers commencent à fleurir peut presque paraître “hors sujet”.

Mais le jardin, lui, ne fonctionne pas comme un fil d’actualité.

Les saisons du jardinier se chevauchent sans cesse. Pendant qu’une plante s’épanouit, une autre se prépare déjà en silence. Le vrai plaisir du jardinage réside peut-être justement dans cette capacité à penser le temps autrement.

Je remarque souvent que les jardiniers les plus expérimentés achètent rarement uniquement avec les yeux. Ils achètent avec la mémoire… et avec l’anticipation.

Ils se souviennent des trous dans les massifs. Des périodes creuses. Des associations ratées. Des couleurs qui manquaient en octobre. Des scènes magnifiques aperçues ailleurs et qu’ils aimeraient recréer.

Alors, au printemps, ils achètent des asters. En été, ils commandent des bulbes. En hiver, ils pensent aux annuelles. Et toute l’année, ils imaginent déjà la saison suivante.

C’est d’ailleurs ce qui rend le jardinage si passionnant : on n’a jamais vraiment terminé. Chaque saison prépare la suivante. Chaque erreur devient une réflexion pour demain. Chaque réussite donne envie d’aller plus loin.

Je me demande parfois si apprendre à jardiner, ce n’est pas surtout apprendre à regarder au-delà du moment présent.

Accepter qu’une petite touffe verte sans intérêt apparent puisse devenir splendide quelques mois plus tard.
Comprendre qu’un simple sachet de bulbes contient déjà un printemps entier.
Faire confiance au temps.