... si vous repartiez d'une page blanche, comment aménageriez-vous votre jardin ?
La semaine passée, Dominique écrivait ceci :
La pension se profile tout doucement à l'horizon. Mon
travail est à quelques minutes de la maison. Peut être qu après le travail, je
réfléchirais à partir.
Qui a déménagé et recommencé un nouveau jardin ?
Aujourd'hui, je vous propose de lui répondre, de partager nos expériences et peut-être de lui donner quelques pistes de réflexion.
Je n'ai pas déménagé depuis 1993 et, honnêtement, ce n'est pas dans mes projets, même si Bruno râle parfois lorsque notre vieille fermette réclame de nouveaux travaux et qu'il se verrait volontiers dans un appartement plus facile à entretenir.
Pourtant, en 2017, j'ai eu l'impression de repartir presque de zéro avec la création de la Roseraie. Certes, j'ai dû composer avec un lieu existant et une structure déjà en place, mais les transformations ont été importantes. Nous avons supprimé les nombreux bambous, quelques petits rosiers sans grand intérêt, des arbustes devenus trop encombrants, un bouleau qui faisait beaucoup d'ombre, un grand Parrotia, des euphorbes 'Graffiti' très traçantes, des hémérocalles banales...
Afin d'offrir aux rosiers un maximum de soleil, j'ai volontairement limité l'introduction de nouveaux arbustes.
L'un des critères essentiels fut l'harmonie des couleurs. Comme dans mon jardin, j'ai regroupé les roses jaunes. Pendant longtemps, beaucoup m'ont cataloguée dans les « couleurs pastel ». Pourtant, j'aime aussi énormément l'orange; tout est une question d'association. C'est ainsi qu'est né le coin Bollywood du jardin médiéval.
Pour réussir ces mariages de couleurs, les chambres de verdure sont d'ailleurs très utiles. Elles permettent de cloisonner les ambiances et d'éviter qu'un ensemble ne paraisse discordant lorsqu'on embrasse le jardin du regard.
Mais cela n'est pas toujours possible, surtout lorsque l'on choisit, à la retraite, un jardin plus modeste. Car à moins d'être particulièrement courageux ou de disposer de moyens importants pour l'entretien, on privilégie souvent une surface plus raisonnable.
Si je devais aujourd'hui déménager et repartir de zéro, je conserverais sans hésiter l'esprit du jardin de cottage.
Avant même de penser aux plantations, je veillerais à disposer d'une certaine intimité vis-à-vis des voisins. Ce serait probablement l'un de mes premiers critères au moment de l'achat.
J'investirais ensuite dans une petite serre, car les semis restent l'une des activités qui me procurent le plus de plaisir au jardin.
Puis je commencerais, comme en 1993, par penser aux rosiers. Même dans un petit jardin, je planterais quelques rosiers non remontants pour leur charme incomparable et leurs parfums inoubliables.
Comme à la Roseraie, j'attendrais ensuite une année complète avant de leur offrir des compagnes, même si cela me démangerait terriblement.
Je privilégierais davantage les plantes à longue floraison. Ce serait sans doute un crève-cœur de renoncer à une partie de la diversité que je cultive aujourd'hui, ici comme à la Roseraie. Je dresserais alors la liste de toutes mes plantes favorites et, élimination après élimination, je ne conserverais que celles qui me procurent une véritable émotion.
Car finalement, si je repartais d'une page blanche, je crois que je jardinerais encore moins pour le design ou pour réduire l'entretien, et davantage pour retrouver chaque jour ces plantes qui me touchent profondément lorsque je passe devant elles.
Ah, et surtout, j'inspecterais chaque espace du jardin pour être sûre de ne pas avoir d'égopode !!!


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire