... ne trouvez-vous pas qu'il devient difficile de s'exprimer et de ne pas subir des critiques plus ou moins agressives lorsque l'on émet un avis qui ne va pas complètement dans la tendance écologique au jardin ?
Je m'explique : le week-end passé, un ami partageait une photo de sa pelouse qu'il n'avait pas encore tondue cette saison, remplie de pâquerettes et de pissenlits. Pas de problème pour moi, chacun fait comme il le sent.
Là où cela m'énerve un peu, c'est quand je lis les commentaires sous sa publication qui invectivent ceux qui, comme moi, préfèrent une pelouse bien tondue dès le début du printemps.
En voici quelques-uns :
Une dame ose "Les pâquerettes tuent une pelouse en peu de temps. Elles s'installent de partout." Et là... on lui rétorque :
- n'importe quoi 😠 vous devez ne pas
aimer la nature 😠des fleurs , vous savez
ce qu'est une fleur ?on doit pas vous en offrir souvent !
- ouiiiiiiii bien sûr 🙄 rien de tel qu'un beau gazon tout vert tondue à 3 centimètres enrichie en engrais chimiques et sans aucune biodiversité 🤔 ça laisse réflexion...un jour vous verrez c'est pas votre beau gazon qui va vous nourrir...
- Vous avez raison. Les pelouses bien tondues ne laissent aucune chance aux insectes.
Une autre tente "Quand on a visité la maison le gazon était normal, on a emménagé en septembre, pas de tondeuse tout de suite, depuis le printemps d'après, des pâquerettes pas grave mais surtout des pissenlits des vrais et des à vache, des grosses salades au sol, des hauteurs bien plus hautes que le reste, c'est moche, c'est pas un tapis végétal c'est une jungle. L'herbe se rarefie, et maintenant que des mauvaises herbes, il faudrait refaire le gazon. Cette hauteur pour jouer au foot, marcher dans son jardin c'est pas top et en plus les pissenlits finissent par aller dans mon potager, mes framboisiers, bref une horreur ce pissenlit. Et quand je vois les pâquerettes, les pissenlits sont jamais loin"
- ce à quoi, une dame compréhensive répond : sans compter que les tiques s'installent avec plaisir dans les herbes hautes et attendent le passage des animaux
- c'est magnlfique les pâquerettes ! A mort la pelouse,ce désert biologique
- Une pelouse de paquerettes vaut mille fois plus qu'une pelouse stérile , fadasse
Eh oui, on en est là... Certains même se sentant tellement coupables tentent de se justifier comme ils peuvent :
- mon fils a tondu 2 fois mais il y a une petite surface. Et comme je marche mal j'ai peur de glisser pour aller étendre mon linge, sinon il y a des paquerettes
Et puis, il y a aussi les commentaires gentils mais qui vous font croire que la biodiversité n'existe que dans la pelouse :
- Pas encore tondu chez nous pour la biodiversité et notre jardin est refuge L.P.O !
Une personne dit qu'elle supprime quand même quelques pissenlits car ils sont un peu trop "volontaires". D'autres lui recommandent plutôt d'en faire de la salade ! Je me souviens qu'un jour, alors que j'essayais de prévenir mes lecteurs de la dangerosité de laisser s'introduire l'égopode au jardin, quelqu'un m'avait conseillé la même chose. Je lui aurais bien envoyé une petite touffe pour qu'elle essaye dans son propre jardin mais je ne suis pas machiavélique à ce point.
Je vais maintenant vous dire ce que je pense et ce que je fais :
On entend beaucoup de discours ces derniers temps qui
tendent à culpabiliser les jardiniers, comme si le simple fait de tondre sa
pelouse au printemps relevait presque d’une faute écologique. Cette vision, que
je trouve parfois un peu excessive, mérite d’être nuancée.
Je ne suis pas maniaque pour autant. Un pissenlit de temps
en temps ne me choque absolument pas. Mais si j’ai le temps, je préfère
l’éliminer pour éviter qu’il ne se ressème et n’envahisse tout. Il en va de
même pour les pâquerettes : charmantes au départ, certes, mais rapidement
envahissantes si on les laisse s’installer sans contrôle.
J’assume aussi aimer une pelouse bien tondue. Pour moi,
c’est un peu comme une nappe bien repassée : elle met en valeur l’ensemble,
elle structure, elle apporte une forme d’élégance au jardin. Ce plaisir
esthétique n’est pas incompatible avec une démarche respectueuse du vivant.
Car la biodiversité ne se résume pas à une pelouse laissée à
l’abandon. Elle peut – et doit – se penser à l’échelle de tout le jardin.
Massifs fleuris, vivaces mellifères, arbustes, zones plus libres… il existe
mille façons d’accueillir et de nourrir les insectes butineurs sans pour autant
renoncer à un jardin entretenu.

On dit que le hasard n'existe pas. En te lisant, une chanson passe à la radio : "carrément méchant, jamais content", ça, ce sont les gens sur les réseaux sociaux. Tu as réussi à m'énerver avec les commentaires des détracteurs.
RépondreSupprimerJe hais le pissenlit. Je le chasse partout même chez mon voisin d'en face qui, chaque année, tond une fois les pissenlits en graines et, très gentiment, envoie donc ses graines chez moi. Le pissenlit se ressème partout surtout à des endroits où il est impossible de l'éradiquer ! A mort le pissenlit !
On parle de biodiversité? Quand je vois le tapis jaune du voisin, je ne vois pas les insectes butineurs ! Je crois qu'ils préfèrent d'autres fleurs !
J'ai déjà tondu ma pelouse deux fois. Les insectes ont bien d'autres endroits pour butiner !J'ai une pelouse chez moi, pas une prairie !
Les donneurs de leçons, je les em... !
Bon dimanche, Isabelle.
J'ai une pelouse que je tonds pour ne pas voir l'herbe envahir les parterres devant la maison; Je suis un peu comme toi. C'est la nappe du jardin. Par contre, rien ne m'empêche de laisser des coins en friche dans d'autres parties du jardin pour les insectes. Il y a même des orties et des chardons (vive le passage des chardonnerets), des cabarets des oiseaux. Je rajoute un ou deux choux pour les papillons, du fenouil sauvage pour les machaons , des petites baies pour les oiseaux etc, etc.Et des fleurs beefriends ainsi que .... des hortensias beefriends comme certains paniculatas de vieilles variétés d'arborescens.
RépondreSupprimerj'ai oublié mon nom oups! Mais un indice a dû vous mettre sur la voie
RépondreSupprimerBonjour Isabelle, l intégrisme quelqu il soit est à proscrire . Mon jardin est refuge LPO et cela ne nous empêche pas de tondre régulièrement dans la partie massifs : en effet cela les met en valeur . De plus j ai eu la maladie de Lyme ( pas drôle du tout) et il vaut mieux ne pas gambader dans les herbes hautes. Par contre dans la partie sous bois Alain passe beaucoup moins régulièrement. Bisous et bon dimanche
RépondreSupprimerPlus facile de ne pas tondre une partie du jardin quand celui-ci est grand. Mais si tu ne tonds rien je ne vois pas l’utilité de créer des massifs fleuris. De plus même ne pas tondre cela se gère si tu veux un joli résultat : il faut faucher. La non gestion d’une pelouse te mène au terrain vague selon moi. Mais bon chacun son avis. Bon dimanche
RépondreSupprimerChantal a tout dit, "l'intégrisme quel qu'il soit est à proscrire", pour ce qui est de beaucoup de commentaires sur les réseaux sociaux ou autre, c'est un poison, un concentré de méchanceté. Bien souvent anonymes en plus, la plupart sont des tissus d'aneries, ce qui m'épate le plus c'est l'aplomb narcissique de celui qui rédige, mais d'où pense t'il que son avis est important ? Comme disait la pub pour un chocolat "un peu de douceur dans un monde de brutes". Bon dimanche à ceux qui tondent très souvent ou pas leur pelouse.
RépondreSupprimerIl s agit de l effet Dunning-Kruger
SupprimerEn 1999, les psychologues David Dunning et Justin Kruger ont mis en lumière un mécanisme fascinant de la psychologie cognitive. Leur étude originale a révélé un paradoxe surprenant : les personnes les moins compétentes dans un domaine sont souvent celles qui surestiment le plus leurs capacités.
J'adhère aussi à la phrase de Chantal. Après, tondre ou ne pas tondre, ça dépend! Du style de jardin, de sa topographie, de l'âge de la jardinière, de l'équipement dont elle dispose, de la météo, de la saison... Ici sur un demi hectare, je tonds régulièrement les abords de la maison, à la tondeuse à batterie. Pour le reste, avec des pentes et des dévers redoutables, j'utilise une autoportée, avec moult précautions, et je tonds beaucoup moins fréquemment. De toutes façons, le jardin, de style naturel, s'en accommode. Il y a encore de graaands espaces de biodiversité, où j'accueille tiques, rats taupiers, taupes, même un ragondin l'été dernier, couleuvres, orvets, sans parler de la gent ailée. Autour de la maison, il y a aussi des pâquerettes (dont je fais une huile raffermissante) et des pissenlits (dont je fais des salades) qui passent sous la tondeuse ensuite. Chacun fait comme il veut, personne n'a à juger. Bonne journée!
RépondreSupprimerIci, c’est mon mari qui gère la pelouse.
RépondreSupprimerIl ne tond pas trop tôt pour ne pas risquer de la brûler lors d’une gelée tardive, et aussi pour les premiers insectes.
Pour les pissenlits, on coupe juste les fleurs pour éviter d’en avoir partout, et les pâquerettes sont rares, mais elles ne dérangent pas.
On tond rarement le fond du jardin, car l’herbe y souffre un peu plus à cause de l’énorme saule pleureur.
Ce qui me gêne le plus, c’est l’augmentation de l’utilisation des robots tondeuses, ou du moins leur usage en continu. (Je ne sais pas combien de hérissons blessés on a déjà portés au CREAVES.)
Bref, chacun fait comme il le sent en fonction de son jardin, mais il y aura toujours des donneurs de leçons… Comme disait ma grand-mère : « On est toujours noirci par plus noir que soi. »
Bon dimanche 🌿
Je vais t'annoncer une bonne nouvelle :
SupprimerLe Gouvernement wallon vient tout juste d’adopter un arrêté qui encadre l’usage des robots-tondeuses. Il est désormais interdit de les laisser fonctionner entre 18h et 9h en Wallonie.
Ah, quitter les réseaux sociaux a été l'une des meilleures décisions de ma vie. Je ne les regrette pas un seul jour. Bon dimanche Isabelle.
RépondreSupprimerJe te comprends parfaitement !
Supprimer3 jours après mon commentaire j'ai tondu les paquerettes refleurissent très vite ; surtout pour le chien et avec une tondeuse hybride c'est pas une débroussailleuse , ma soeur à la gachette facile pour les pissenlits je lui demande d'en laisser 2/3 au fond vers le compost ainsi tout le monde est content ! Quand on partait en cure absente 3 semaines on tondait la veille et laissait une vague haute pour les insectes ! Chacun son choix , sauf pour les robots tondeuses je suis horrifièe par les dégâts sur les hérissons étant adhérente à des associations qui les protègent ! Colette
RépondreSupprimerIci, une demi-journée pour refleurir car si la tondeuse est bien réglée, les boutons ne sont pas coupés. J'espère que la France adoptera la même législation que chez nous pour les robots. Bisous à vous deux.
SupprimerJ’utilise un robot et ma pelouse n’a jamais été aussi belle. Mais j’ajoute que je n’ai jamais compris l’utilité de le faire fonctionner la nuit. Et quand je subis les nuisances sonores de mes voisins avec leur engin à essence, j’aimerais bien que tout le monde l’adopte mais avec une gestion conséquente pour la faune. Anne S
RépondreSupprimerImpossible de l'adopter dans certains jardins comme le mien où les bordures ne sont délimitées que par les plantes qui prennent chacune l'espace qu'elles désirent. Et aussi avec autant de massifs, ce serait très compliqué.
SupprimerComme l'espace pelouse a été réduit année après année, la tondeuse (électrique) ne dérange pas trop les voisins. Etant retraitée, je veille bien sûr à ne tondre que les jours ouvrables et à des heures correctes.
Côté nuisances sonores, on a bien pire que des tondeuses avec deux voisins situés en bas et en haut de notre rue qui font du stock car dans leur jardin !!! Des jeunes écervelés qui n'en ont rien à faire du voisinage. Heureusement, ce n'est pas tout le temps mais je ne comprends toujours pas comment les vosins directs peuvent supporter ça.
Salut Isabelle
RépondreSupprimerJe partage totalement ton point de vue. Moi aussi, je préfère une pelouse bien tondue et ça fait plus propre. ça met en avant les massifs fleuris. J'ai tout de même des primevères, des orchidées et des bugles rampants en fleurs en ce moment. Mon mari tourne autour. La biodiversité n'est pas que dans dans ta pelouse mais dans l'ensemble de ton jardin et dans l'environnement aux alentours (y compris dans les champs cultivés). J'évite tous ces sujets ... les gens s'expriment et ont des opinions sur des sujets qui ne connaissent même pas.
Tous ces dilemmes sont bien trop lourds à porter. J'ai laissé à mon robot super intelligent et à sa petite caméra-qui-voit-tout le soin de décider ce qu'il coupe ou pas. Voilà au moins déjà ça de pris sur le stress du quotidien !
RépondreSupprimerEn tisane, les feuilles ou racines de pissenlit sont très efficaces, douces et naturelles pour régler le problème de constipation. Mais comme il ne faut que 2 ou 3 feuilles, on peut très bien ne garder qu'un ou deux plants.
RépondreSupprimerPour les autres, l'idéal est de les supprimer dès que possible sinon leurs racines profondes sont impossibles à éliminer complètement.
J'observe régulièrement les fleurs et n'ai encore vu aucun insecte y butiner.
J'essaie aussi de cueillir en douce les fleurs de pissenlit du voisinage 😜 avant montée en semences car ça va très vite !
Superbe 1ère photo !
Dans le même ordre d'idée, la ficaire est paraît-il efficace contre les hémorroïdes et la chelidoine contre les verrues. Mais qu'on est bêtes de les appeler des mauvaises herbes, lol ! Et surtout, quelle idée d'encore aller chez le médecin alors qu'on a tout à disposition dans le jardin... mdr
SupprimerBonjour Isabelle,
RépondreSupprimerJ'adhère entièrement à vos propos et à ceux de Chantal et de Catherine. Je déplore que certains s'érigent en donneurs de leçons. Moi, je les appelle "les ignorants qui s'ignorent!"
J'en connais qui ont vite adopté, par conviction, l'idée de non intervention sur leur pelouse et je les respecte; d'autres l'ont fait par paresse: Enfin, une tâche de moins à effectuer en fin de semaine! Souvent, ni la pelouse, ni les fleurs ne les intéressent.
Mon mari tenait à toujours avoir une pelouse soignée, oui tondue plus tardivement, pour aider les premiers papillons à se nourrir. Après, la colline offre tout un garde-manger avec pissenlits, chardons, fleurs sauvages et petits fruits variés, sans compter le grand champ derrière, de moins en moins tondu.
Les plates-bandes et massifs, arbres et arbustes attirent aussi une clientèle fidèle.
Un habitué, un renard roux, magnifique sur la neige, s'est baladé sur le terrain cet avant-midi. Il avait repéré un écureuil, vite monté le haranguer du haut de l'érable!... Hélas, le beau roux est reparti bredouille.
Je préfère m'attarder à ces beautés, si nutritives: "un peu de douceur dans un monde de brutes".
Bon dimanche à tous et bon jardinage!
Malheureusement c'est une tendance qui tend à se généraliser et à s'étendre à tous les domaines... Ce que je trouve bien c'est de s'interroger : est-ce que je tonds ma pelouse parce que j'aime le résultat ou bien par pure contrainte sociale ? Réfléchir à ce qui a du sens pour chacun.e et surtout ne pas abandonner un dictat pour tomber dans une autre injonction, me semble préférable pour qu'on puisse tous et toutes faire des choix différents et adaptés à nos propres contraintes. Et puis il faut aller jusqu'au bout du raisonnement : on veut des insectes pollinisateurs ? Peut-être qu'il faudrait commencer par s'interroger sur ce qui les fait disparaitre. Ensuite est-ce que quelques pâquerettes suffiront ? Sûrement que non, il faudrait viser une succession de floraisons pour leur assurer une alimentation en continue sans période creuse. Sans oublier que sur de petits espaces végétalisés, les arbres fourniront une masse de fleurs bien plus conséquente que celles au sol. Ensuite si mes pissenlits et les pâquerettes sont les seules fleurs du terrain alors effectivement, ça paraît pertinent de les laisser. En revanche si le jardin est très opulent, il y aura bien plus de fleurs dans les massifs que dans la pelouse. Bien sûr il faut veiller à ne pas trop choisir de fleurs doubles qui ne sont pas buttinables. On peut aussi s'informer sur les plantes sauvages qui sont les plantes hôtes exclusives d'une espèce. Évidemment, ça vaut le coup avoir des réflexions collectives et locales car finalement les jardins privés représentent une grande surface globale et une évolution des pratiques peut avoir des impacts conséquents. De toutes mes lectures, ce que je retiens c'est que plus il y a de diversité dans un milieu et plus il est adapté et résilient alors je me dis que ça doit aussi être valable pour les jardins privés. Est-ce que ça ne serait pas plus judicieux de faire des choix personnels variés pour éviter des effets de mode délétères menant à des monocultures, standardisations et mauvaises adaptations aux réalités locales ? Quand on commence à se renseigner, on se rend vite compte qu'il y a beaucoup de nuances, d'adaptations, qu'il y a pas une seule recette miracle et qu'il y a une multitude de mécanismes à comprendre tant la réalité est complexe.
RépondreSupprimerMerci Emilie! Tout est là, dans la connaissance et la nuance!
SupprimerChacun fait ce qu'il veut chez soit, et qu'il n'embête pas les autres. Chacun ses idées. La vie est trop courte. Pour s'embrouiller sur des sujets futiles. La terre survivra sans nous, meme mieux...
RépondreSupprimerJe n'arrive pas à imaginer ton paradis et ta roseraie sans tondre ,tout est mis en valeurs dans tes massifs .
RépondreSupprimerEmmanuelle