dimanche 7 juin 2026

Dites-moi...


... Etes-vous impacté par l'environnement direct de votre jardin ?
Parvenez-vous à en faire abstraction ?
Quand vous visitez des jardins, est-ce que cela influe votre jugement ou votre appréciation ?


Il y a quelques jours, une visiteuse de la Roseraie de mon village m'a fait une remarque qui m'a interpellée. Elle était surprise de découvrir toutes les maisons qui entourent le jardin. En réalité, c'est quelque chose que j'occulte presque systématiquement lorsque je prends mes photos.






En général, je photographie ce massif depuis "le bas" afin d'avoir la Maison de Village dans mon dos comme sur la photo suivante :




Quand je photographie un massif, une rose ou une association de plantes, mon intention est de mettre en valeur ce qui m'a émue sur le moment : une lumière particulière, une harmonie de couleurs, un contraste de formes, une floraison à son apogée. Je cherche à montrer le jardin sous son meilleur jour. Alors, naturellement, j'évite d'inclure dans le cadre les bâtiments voisins, une voiture qui passe ou tout autre élément qui détournerait le regard de ce que j'ai envie de partager.


Ce poteau d'éclairage, j'essaie aussi de toujours l'éviter sur mes prises de vue


Sa remarque m'a fait réfléchir. Je me suis demandé si elle avait été déçue en découvrant la réalité. Peut-être s'était-elle imaginé la Roseraie perdue au milieu de la campagne, loin de toute habitation. Pourtant, ce n'est pas le cas. Comme beaucoup de jardins, elle existe au cœur d'un village, avec son environnement, ses maisons, ses rues et sa vie quotidienne.

Je fais d'ailleurs exactement la même chose dans mon propre jardin. J'ai déjà énormément de chance de vivre dans une maison quatre façades avec un jardin dont je profite chaque jour. Pourtant, lorsque je photographie mes massifs, j'évite souvent de montrer que j'ai des voisins relativement proches de chaque côté. Non pas parce que je trouve ça moche, mais simplement parce que ce n'est pas le sujet de la photo. Ce qui m'intéresse, c'est les plantes, la beauté, l'agencement du jardin, son charme. Le reste disparaît naturellement du cadre.


Quand je photographie mes rosiers lianes (Seagull ici), j'essaie de ne pas prendre la toiture du voisin dans le cadre.


Cette réflexion m'a rappelé une participante du Seeds of Love qui, il y a quelques années, avait publié une photo de son jardin. Le jardin était charmant, soigneusement aménagé, plein de vie et de personnalité. Mais juste derrière se dressait un grand immeuble de nombreux étages, comme on en trouve dans certaines zones très urbanisées de la région parisienne où elle habitait.


Photo générée par l'IA car je n'ai pas retrouvé celle d'Alexandra


Je me souviens avoir trouvé cette photo particulièrement inspirante. Elle montrait qu'un jardin ne se résume pas à son environnement immédiat. Vivre au jardin, c'est aussi un état d'esprit. C'est la capacité à regarder ce qui pousse plutôt que ce qui gêne. C'est savoir apprécier le verre à moitié plein. Se réjouir d'un merle qui chante au petit matin, d'une rose qui s'ouvre, d'une abeille qui visite une fleur ou d'un semis qui réussit. Le bonheur du jardinier se niche souvent dans ces petits détails.


Vue depuis ma cuisine. Ca donne sur la rue et sur le mur du voisin qui a récemment été rénové avec une jolie brique. Moi, je ne vois que les roses !


Bien sûr, il serait difficile de nier que certains cadres sont plus spectaculaires que d'autres. Un grand jardin au milieu de nulle part, entouré de prairies, avec une vue dégagée sur la campagne ou les collines, cela impressionne immédiatement. Cela participe forcément à l'émotion ressentie lors de la visite. Le décor influence notre perception, parfois même inconsciemment.

Pourtant, lorsque je visitais un jardin, je ne pense pas que je m'attardais particulièrement sur cet aspect. Bien sûr, je remarquais les belles perspectives ou les paysages environnants, mais ce n'était pas ce qui retient le plus mon attention. Moi, ce sur quoi je ne peux pas m'empêcher de focaliser, ce sont les harmonies de couleurs. C'est plus fort que moi. Je vais observer comment les roses sont accompagnées, comment les feuillages mettent en valeur les floraisons sans qu'il n'y ait un clash entre les feuillages entre eux (j'en ai déjà parlén ce n'est pas parce que vous avez au jardin du doré, du pourpre du panaché... que c'est forcément juste et beau), comment les couleurs, les nuances se fondent les unes avec les autres. Même dans le plus beau paysage du monde, mon regard finit toujours par revenir vers une association de plantes particulièrement réussie. Donc, je ne retiens que le positif même si au fond de moi-même j'ai l'esprit très critique.


10 commentaires:

  1. Chez moi, je n'y fais pas trop attention, mais on construit des immeubles que maintenant je vois de mon jardin, je vois surtout la grue qui, en plus, grince et qui donc attire mon attention.
    Un voisin a fait couper la tête de ses magnifiques bouleaux. Ils sont maintenant hideux. On dirait des épouvantails ! Ça me gêne fortement même si je n'y fais pas toujours attention.
    Par contre, je remarque souvent l'environnement quand je visite un jardin : soit je remarque des bâtiments plutôt moches soit j'admire le prolongement du jardin par de magnifiques paysages.
    Bon dimanche. Vite le printemps ! Marre de l'automne !

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  2. J'ai cette chance d'habiter un petit hameau, mon jardin surplombe quatre maisons, que j'aperçois surtout en hiver quand les arbres sont nus. De plus, il est entouré de haies matures, et avec les grands arbres on n'aperçoit la campagne environnante, de montagnes et forêts, qu'à certains endroits du jardin. Un ami me faisait cette réflexion: "Tu n'as même pas de vue!". Alors c'est ici un peu la situation inverse de celle que tu décris! Bon dimanche.

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  3. Dominique Doyen7 juin 2026 à 08:35

    Bonjour,
    Je peux apprécier une plante même dans une situation peu inspirante. Mon cœur peut faire Boum même dans un décor banal.
    Pareil dans un jardin.
    L environnement, le bâti, les bruits influencent plutôt comment je vais me sentir.Un cadre dégagé vers la campagne, un bâti intégré, le calme font que je vais me sentir mieux dans l endroit.
    Mon rêve c'est un jardin isolé, ouvert sur la nature, sans maisons proches. Mes voisins ne sont pas trop près mais....Parfois il y a quand même trop de bruit en été.
    La pension se profile tout doucement à l horizon. Mon travail est à quelques minutes de la maison. Peut être qu après le travail, je réfléchirais à partir.
    Qui a déménagé et recommencé un nouveau jardin ? Peut être une question d un prochain dimanche ?
    Bonne journée

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  4. Quand je visite un jardin, je regarde forcément ce qu’il y a autour en arrivant, surtout si d’autres jardins sont également fleuris.
    Par contre, quand je suis dans le jardin lui-même, je suis concentrée : plus rien ne compte que ce qu’il contient.
    Chez moi, c’est une rue en cul-de-sac, avec sept maisons de chaque côté et des champs tout au bout, à perte de vue. C’est donc très calme et les maisons sont très espacées.
    De plus, nous sommes les seuls à avoir un jardin fleuri et les plantations denses masquent les voisins.
    J’ai juste planté un miscanthus devant l’horrible pompe à chaleur que ma voisine a collée contre la clôture, loin de sa vue à elle. Ainsi, lorsque je fais des photos, j’ai très peu de choses à éviter, et tant mieux, car la photographie est un art… que je ne maîtrise pas vraiment…😇😊
    Bon dimanche à tous !

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  5. Isabelle thalasso7 juin 2026 à 08:55

    Quand je jardine je suis happée par ce que je fais, ce que je vois. C’est assez magique. J’ai jardiné et je jardine aujourd’hui dans des lieux urbanisés mais je suis le nez dans mes pots je ne vois rien d’autre. Et ça me fait un bien fou. Maintenant je reviens d’avoir visité beaucoup de beaux jardins et le regard est différent. Ce ne sont pas mes plantes ni mon schéma de plantation. Je voyais en effet davantage l’ensemble, la construction. Soit dit en passant, Great Dixter qui est la coqueluche des jardiniers anglais en ce moment est assez brouillon. C’est un grand tout. On a pu le visiter avant l’ouverture donc rien que pour nous mais même comme cela j’étais étonnée, très naturaliste. Et Sissinghurst devient pareil. C’est la tendance du moment. Bon dimanche

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  6. Quand j’étais dans l’immobilier, je disais toujours à mes clients qui recherchaient un bien, que sur les 3 paramètres demandés (lieu, surface, environnement ) il y en aurait tout le temps un à retirer car c’est difficile de trouver le lieu de ses rêves !
    Quand nous avons trouvé le moulin avec mon compagnon, certes il y avait l’eau le
    vieux pont et la maison de vieilles pierres , tout en longueur mais aussi un vis a vis imposant ! juste en face de notre maison de l’autre côté de la route, le même moulin !
    Alors oui j’occulte souvent cette maison dans les photos, de même que j’essaye de ne pas photographier les trucs «moches » de mon jardin : échafaudage pelle mécanique bétonnière sont encore présents car nous avons encore beaucoup de travaux ! Je voulais justement en faire un article un de ces 4 😅
    Mais au delà de ça, ce que j’essaye de faire ressentir à mes visiteurs c’est l’âme du lieu et de sa jardinière, les couleurs aussi certes, et les associations de végétaux qui vont faire un jardin-whaouuu 🌺🌺🌺
    bon dimanche Isabelle dans ton petit paradis

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  7. Comme Dominique mon rêve serait un jardin ouvert sur la nature, mais je me dis qu'il faut faire la part des choses, j'ai la chance d'habiter une banlieue riche de verdure à 45 mn de Notre Dame de Paris, un petit jardin certes, mais entouré de pavillons anciennement ouvriers (pas ces horribles maisons carrées et froides d'architecte). Rien de laid dans l'environnement du jardin donc, le problème est plutôt celui du vis à vis. Je ne pense pas que les gens passent leur temps à la fenêtre à me regarder désherber, et il faudrait planter des séquoias pour obscurcir les fenêtres des étages des voisins, la plupart du temps j'oublie, même si ce serait mieux sans quand même.
    Pour répondre à Dominique, je vais devoir déménager et commencer un nouveau jardin, belle aventure je ne sais pas, comment "gérer" surtout les arbres que j'ai vu grandir avec amour. Bon dimanche à tous .

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  8. Tout le monde rêve d'avoir la vue du jardin de Renée Boy Faget!!!
    mais bon je suis dans une résidence ouest parisien et il y a des maisons autour!
    Derrière j'ai la chance d'avoir un espace vert et de chaque côté les jardins des voisins; je profite du noisetier pourpre de mon voisin qui met bien en valeur mon rosier Sourire d'Orchidée et puis il y a des grands arbres sur l'espace vert que je ne peux avoir sur mon petit terrain; maintenant ils diversifient les plantations et on a même des fruitiers!
    alors je pense qu'il y a beaucoup de gens bien moins bien lotis et le nez dans mes massifs cela ne me préoccupe que pour certaines photos!

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  9. Bonjour Isabelle,
    Dany m'a fait sourire, car je suis déjà fait la même remarque!
    Mais j'ai appris, au fil du temps à ne pas me soucier, au quotidien, du décor hors de ma propriété, surtout si j'ai le nez dans mes plantes.
    J'essaie de faire abstraction d'éléments "perturbateurs" comme les poteaux de téléphone et leur "portée des fils de la modernité" qui tranchent le paysage sur quatre hauteurs. Bien embêtants pour les photos, surtout celles du lever de soleil...
    Avant, nous gardions la haie de spirée 'Billardii' plutôt haute, mais le voisin la taille à 75- 80 cm dès la fin août...Je perds ainsi un beau fond pour les photos de ce côté.
    L'automne dernier, j'ai fait une coupe drastique au vieux physocarpus doré et je dois donc ruser pour éviter de photographier le hauban jaune et le composteur noir au fond de l'ancien potager.
    Sinon, comme, du haut de ma colline, je n'ai de voisins arrière que la forêt de l'autre côté, tout va bien.
    Quand je visite des jardins, à moins que le voisinage ne soit horrible, j'en fais totalement abstraction.
    Merci pour l'intéressante discussion.
    Bon dimanche, ici ensoleillé et venteux!

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  10. Moi je suis un peu comme toi Isabelle...
    J'attache beaucoup d'importance à un l'harmonie des couleurs... Et je fais attention à l'environnement quand je prends une photo dans mon jardin mais ce n' est pas trop compliqué car je suis dans un lotissement où les maisons sont assez espacées, entourées de haies. Mais quand je prends une photo je me concentre quand même sur les fleurs et l'environnement proche en essayant d'éviter la maison du voisin...

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